Plan comptable général 2025 : les changements à connaître pour votre comptabilité

Le plan comptable général 2025 enregistre plusieurs modifications issues des règlements de l’Autorité des normes comptables (ANC). Les changements les plus notables portent sur la comptabilisation des cryptoactifs, les ajustements liés à la réforme de la facturation électronique et certaines clarifications sur les règles d’amortissement et de provisions. Voici ce que vous devez retenir pour tenir une comptabilité conforme cette année.

Qu’est-ce que le plan comptable général ?

Le plan comptable général est le référentiel de comptabilisation qui fixe les règles pour toutes les entreprises françaises soumises au droit comptable. Il définit les comptes à utiliser, les méthodes d’évaluation et les modalités de présentation des états financiers. Sa structure en classes — de la classe 1 (capitaux) à la classe 7 (produits) — est familière à tout comptable ou dirigeant qui suit ses finances de près.

L’ANC actualise régulièrement ce référentiel par des règlements homologués par arrêté ministériel. Ces mises à jour visent à adapter le droit comptable français aux évolutions économiques, technologiques et réglementaires, notamment celles qui viennent du niveau européen. En 2025, plusieurs de ces règlements entrent en application concrète pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2024 ou 2025.

Selon les statistiques de l’INSEE (2024), plus de 4,5 millions d’entreprises sont immatriculées en France. Autant de structures qui doivent, à des degrés divers, adapter leur plan de comptes à chaque évolution du PCG pour rester en conformité avec le droit comptable.

Pour les PME, ces évolutions ne sont pas anodines : un compte mal utilisé ou une méthode d’évaluation inadaptée peut conduire à des retraitements en cours d’exercice, voire à des erreurs dans la liasse fiscale. Mieux vaut anticiper que corriger.

Quels sont les changements concrets du plan comptable général en 2025 ?

La comptabilisation des cryptoactifs

Le règlement ANC n°2022-06, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2024, introduit un cadre comptable précis pour les actifs numériques. Concrètement, les cryptomonnaies détenues à titre de placements spéculatifs sont désormais à enregistrer dans des sous-comptes dédiés de la classe 5, tandis que celles relevant d’une activité de minage ou d’une stratégie patrimoniale intègrent la classe 2 selon la durée de détention prévue.

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Cette distinction n’est pas cosmétique. L’évaluation à la clôture diffère selon la catégorie retenue : les actifs spéculatifs suivent la règle du coût historique avec dépréciation si la valeur de marché baisse, sans possibilité de constater une plus-value latente. Les entreprises qui ont commencé à acheter du bitcoin ou d’autres tokens sans cadrage comptable clair doivent revoir leur classification avant la prochaine clôture.

Chiffre cléLe règlement ANC n°2022-06 sur les cryptoactifs s’applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2024, soit la quasi-totalité des bilans clôturés en 2025. Si vos comptes annuels n’intègrent pas encore cette classification, vous êtes hors conformité.

Les ajustements liés à la facturation électronique

La réforme de la facturation électronique, bien que son déploiement opérationnel soit programmé à partir de septembre 2026 pour les grandes entreprises, a déjà des conséquences comptables en 2025. Les entreprises doivent anticiper les flux de données transmis via les plateformes de dématérialisation partenaires (PDP) et adapter leur plan de comptes pour réconcilier les écritures avec les informations fiscales transmises automatiquement à la DGFiP via l’espace professionnel impots.gouv.fr.

En pratique, cela implique de vérifier que vos libellés de comptes permettent le lettrage automatique des factures émises et reçues au format électronique. Le compte 411 (clients) et le compte 401 (fournisseurs) doivent être suffisamment détaillés pour absorber les données transmises par la plateforme. Une mise à jour du plan de comptes interne, adapté à votre secteur, est donc souvent nécessaire avant la bascule.

Les règles sur les mentions obligatoires des factures, désormais enrichies par les exigences de la facturation électronique, sont détaillées sur service-public.fr. Un oubli peut exposer l’entreprise à un refus de déduction de TVA ou à une amende administrative.

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Un chef d'entreprise et son expert-comptable en réunion

Ce qui change pour les amortissements et les provisions

Du côté des amortissements, les règles de la méthode par composants continuent de s’affiner dans la doctrine fiscale. Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) précise les durées admises par catégorie d’actif et les conditions de dérogation. En 2025, les entreprises qui ont acquis des immobilisations complexes — bâtiments industriels, matériels de production avec plusieurs durées de vie économique — doivent s’assurer que la décomposition en composants est bien tracée dans leur logiciel comptable.

Les provisions pour risques et charges font l’objet d’une vigilance accrue. Le PCG exige qu’une provision ne soit constituée que si l’obligation existe à la date de clôture et si une sortie de ressources probable est avérée. En période d’inflation persistante, certaines entreprises sont tentées de provisionner des hausses de coûts futures, ce qui n’est pas conforme au référentiel. Un excès de provisions peut par ailleurs attirer l’attention de l’administration fiscale lors d’un contrôle.

Une autre zone de surveillance en 2025 concerne les provisions pour congés payés et les indemnités de départ. Ces engagements sociaux sont souvent sous-évalués dans les PME qui n’ont pas de RH dédié. Un redressement lors d’un contrôle peut s’accompagner de rappels de cotisations sociales et d’intérêts de retard. Une révision annuelle de ces postes avant chaque clôture s’impose à toute entreprise soucieuse de sa conformité.

Bon à savoirAvant la clôture, faites valider vos provisions litigieuses par un conseil : une provision insuffisamment documentée peut être réintégrée dans le résultat imposable, avec des conséquences directes sur votre impôt sur les sociétés.

Comment adapter votre comptabilité aux évolutions du PCG en 2025 ?

La première étape consiste à réaliser un audit de votre plan de comptes interne. Comparez-le aux derniers règlements ANC publiés et repérez les comptes qui n’ont pas d’équivalent ou qui sont insuffisamment détaillés pour couvrir vos nouvelles opérations — cryptoactifs, avoirs électroniques, droits d’émission de carbone si vous êtes dans un secteur concerné.

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La deuxième étape est de former ou de sensibiliser les collaborateurs qui saisissent les écritures. Un plan comptable mis à jour ne sert à rien si les opérateurs continuent d’utiliser les anciens comptes par habitude. Une note de procédure interne, même courte, suffit souvent à fixer les nouvelles pratiques et à éviter les erreurs en cours d’exercice.

La réforme CSRD — qui impose aux grandes entreprises un rapport de durabilité audité — va faire entrer de nouveaux flux dans la comptabilité des groupes dès 2025-2026. Même si les PME ne sont pas encore directement concernées, celles qui travaillent avec de grands donneurs d’ordre risquent de recevoir des questionnaires de reporting extra-financier. Anticiper dès maintenant la traçabilité de certains postes vous évitera une course contre la montre dans deux ans.

Travailler avec un expert-comptable à jour des derniers règlements ANC est le moyen le plus sûr de ne pas passer à côté d’un changement. Les mises à jour du PCG ne font pas toujours la une de la presse économique, mais elles ont des effets bien réels sur la présentation des comptes et sur la base imposable. Un regard extérieur, même ponctuel, vaut souvent bien plus que de longues heures de vérification interne.

Bruno Lavergne

Écrit par Bruno Lavergne

Je m'appelle Bruno, j'ai passé quinze ans entre cabinet comptable et direction administrative et financière de PME. Ici, je rends la comptabilité, la fiscalité et la gestion d'entreprise compréhensibles pour les dirigeants, sans jargon.

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